La rue s'effondre et fait place au soleil gris d'hiver. Ce sont les enfants qui nagent dans un bonheur verglacé alors que boussoles et montres ralentissent leurs cadences si parfaites. Une longue pente en métal se profile en face de moi, pas à pas, peu à peu, je glisse vers une chaleur éphémère. La cigarette me brule les yeux tandis que les filles m'irritent la trachée encore prise par le froid d'un triste passé. L'eau sur le désert des labelles et la glace sur les vestiges de mes sentiments. La cage en béton hébergeaient encore mes espoir soudains. J'y suis enfin, un peu perdu au milieu de ces visages amicaux et connus. Bref, la tête dans les nuées grises et bleues, j'arrive finalement au coeur du massacre, la vie à profusion, l'espoir aussi, la joie surtout. Les rires en arpège et les les cris en crescendo. Un peu comme les marins dansant sur leur pavillon, ici, tout le monde se prend, au jeu. L'illusion est partout mais je crois l'avoir perdue. Seulement, après un détour dans l'escalier, une personne. Les files verts dans les cheveux, les roses au bord de la gorge, le voile troué sur les jambes. La vraie vie semble se présenter timidement à moi. Je discute avec un passé à ma gauche et une tristesse derrière moi, le tout au dessus d'un cendrier débordant de mégots conjoint d'un gobelet rempli à la moitié d'une bière sans bulle. Une tentative de reconstruction pleine d'arrière-pensées tout de même sincères. Je fais allègrement quelques demi-douzaines d'aller-retour clair/obscur pour obtenir mes dizaines de minutes de pétillantes discussions. Je pense en fait que l'euphorie alcoolisée vient de me frapper. Les rires sont sincères même si leurs causes le sont moins, le macrocosme entre nous était fait. La montre se réchauffe et sa cadence s'accélère, je dois me serrer la ceinture, m'échouer dans la zone industriel, accompagne toujours et pourtant bien seul. Un au revoir chaleureux, la suite les pieds dans la neige et le vent sur la peau.
Arthur Levassor
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire