samedi 27 février 2010

Épitaphe d'une courte vie


La vie avait la forme d'un flacon vide, sans eau ni air, écrasé sur lui-même. D'un choc brutal mais beau. C'est l'âme qui avait pris quelques rides crachées par la sage mélancolie, sur le front plus qu'aux détours des lèvres... Les yeux étaient dorénavant plus plissés, dans l'attente d'une ombre douce prête à les caresser, ou leur redonner l'envie. Les mâchoires retenues par le collant des lèvres gercées, la brume dans le blanc des yeux et le feu dans la gorge. Le corps aminci, une tête trop grande et un carrure flétrie par la tristesse. Tristesse envahissante, ne laissant désirer qu'une chose ; un sommeil long et reposant pour l'âme, au chaud sous les combles, le corps humide dévoilé sans remords, ni peine. Juste avec la vie, celle de la beauté et de la joie.

A.L.

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