mardi 22 juin 2010

la manœuvre

Je vois ses yeux torves un brin asphalte
derrière la pluie abondante qui me colmate
mes cheveux bestiaux sur mon front soucieux.
Je doute du gros barbu et de ces sonates,
de ces disques noirs et de ces platines mates.

La plume brisée en trois,
d'où l'encre s'éparpille,
flotte désormais sans moi
sur les manuels en pile.

Rictus joyeux aux lèvres
elle m'annonce les yeux plissés
l'infini de notre fièvre.

Une douce nuisance sonore
me frotte les tympans

Gris, bleu marine, jaune voire d'or.
Mes couleurs sont partagées.

Arthur Levassor

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