mardi 30 mars 2010

colloque de simultanéités

Aux abords luxueux de la galerie Vivienne
S'ennuyaient deux rois vers dans le tohu-bohu
Se lamentant brisés de n’avoir rien à dire
Affre usité obscène aux curieux saltimbanques :

Craquetant la coquille je sirote mon blair
Et salue obliquement le pli de mon mouchoir
Six rats cuvent pépères au petit matin blanc
Tripotant les papilles d’un sultan mal rasé

Sirocco ! Trimbalant les broutilles amères
Chipe d’un pack de 33 les billes ostracisées
A rebours remontant leur colline de verre

Quand sur l’eau le marin envisage la berge
La catin sur le lit dévisage la verge
L’assemblée clos le bec pour que le clergé clerge

Enzo Bossetti

vendredi 26 mars 2010

retour à pied

Les bambous qui frottent sur les stores
et les rideaux gris qui saluent.
L'âme qui ne touche plus le corps
mais le flacon vide sans cohue.

Quatre dents blanches sur mes lèvres
et une silhouette nue.
Les lourdes écharpes remuent les souvenirs attristants.

Les lumières arrondies au coeur de l'horizon,
devancées par les trains acrobates des rails,
scintillent en cadence sous l'air épais du plomb.

Venus, enfin voilée par le ciel de corail,
crapahute dans l'eau calme caressée par le temps.
Danse sordide de cette femme où s'amuse un enfant.
L'amour ne se pâme que pour les incidents.

Arthur Levassor

vendredi 5 mars 2010

lola

Pour les belles choses que tu me donnes
Et toutes les autres que je te dois,
Pour les façons inexpliquées
Qui font deux âmes une seule loi,
Deux beaux accords une seule chanson.

Un air fragile, une simple idée,
Deux cercles noirs au fond d’une tasse,
Deux cigarettes qui se consument, médianes
Entre le crépuscule et l’aube,
La nuit ainsi d’un voile tissée,
S’envole et nous tendant les voiles,
Composant l’aube de rêves à prendre.
Laissons les astres tracer les arcs
Pendant que nous faisons les formes.
Ainsi nos lettres s’épousent si bien,
A l’œuvre égale de nos pensées
Qui comme un manifeste,
Se manifestent : instants épars,
Moments semés en fond d’un jour.

Lola, si tu vois jusqu’où vont les Appalaches,
Oranges au soir, blancs à l’éveil,
Laisse les nuages happer nos rêves
Apaches et nous irons plus loin qu’ici.
&
En cadence rythmée sur de grands chevaux blancs,
Niant les larmes et les joies tristes :
Zéphyr allant toujours plus loin que plaine, et nous,
Oniriques visages, aux yeux toujours plus francs.

J’irai d’une extrémité à l’autre, de l’illimité qui nous unit.
Enzo Bossetti

jeudi 4 mars 2010

révolution (éditorial n°4)

Poésie mère de l’éphémère, fille de l’éternel. Piégée dans une lutte dangereuse la poésie est bloquée, enchaînée… Deux évènements se contredisant, se battant à mort. Une solution, une unique solution : la destruction, la révolution. Révolution ? Oui pour sortir grandit et atteindre la gloire la poésie devra tuer mère ou fille. Que choisir ? Poésie force créatrice, force nouvelle doit faire table rase du passé, accepter le changement. Tuons l’éternel. Pour cela faisons la révolution. Seule réponse possible.

L’éternel tient solidement entre ses mains, ses enfants, ses créatures. Le mouvement brusque est nécessaire. Rêvons, introduisons nous en son sein, pervertissons le autant qu’il nous pervertit. N’y accordons plus d’importance. Le combat sera dur, difficile. La poésie armée de sa fille renversera cet ordre. Comment ? Par la lutte ! Par le sentiment ! L’intégrité !

Une fois l’éternel mort, desséché, l’éphémère se chargera de la gouvernance. Le risque est alors grand, commence la Terreur… Il devra écouter sa mère, ses conseils, ne pas sombrer dans la folie. L’ordre nouveau instauré n’ayant jamais rien connu de tel l’éphémère devra se méfier de lui-même. Seule la poésie pourra avoir conscience de la situation. Au fond d’elle loge l’éternel, son père. Elle connaît sa folie.

Un nouveau danger apparaîtra propre à ces périodes de conflit. La maladie ! Maladie de désespoir, de peur et de mort. Comme tout pouvoir l’éphémère ne voudra lâcher les brides de l’homme. Afin de les maintenir il fera tout en son possible, gaspillera son énergie et finira par sombrer. Dans sa convalescence il prendra peur. Je vais mourir se dit-il. Plus rien n’a alors de sens pour lui. Un beau matin il mourra dans l’oubli. La poésie elle dans son désespoir se suicidera. Quel triste destin, bien loin de la gloire rêvée.

Eviter cela c’est prévenir l’éphémère. La poésie se chargera de cette délicate mission. Elle lui rappellera son essence, lui donnera goût en la vie. Ainsi elle donnera naissance au Beau. Elle l’éduquera, lui insufflera les nouvelles vertus. Arrivé à maturité il siègera au côté de l’éphémère. Celui-ci illuminé n’aura plus peur. La révolution aboutit la Terreur peut cesser.

Le poète après avoir traversé tous ces tumultes pourra enfin mourir dans la gloire éternelle. Dans la contradiction et l’opposition il s’est construit c’est aussi ainsi, que vieillit il mourra.

Thomas Debris

regard intérieur (éditorial n°3 )

Poésie ? Avec elle, Sentiment éphémère. Désormais pourquoi écrire, pourquoi ça ? Machine affreuse et parfaite, une sensibilité de la mort et après ? La Poésie une éternelle question, un éternel soupir, une éternelle répétition. Ne pas trouver un sens, non. Un but non plus. La vie, oui. A elle et seulement à elle la Poésie peut se confier.

Faire de la poésie je le pense et ne l'impose pas c'est regarder profondément à l'intérieur de soi, du sujet. Toute chose extérieur avant de se poser sur le papier doit passer par un je immense et incontournable. Le Sentiment, le souvenir chaque élément que la Vie nous offre doit passer par soi et est rigoureusement transformée. La poésie n'est pas l'Art de la destruction du je, c'est son amplification. Au fond de soi se trouvera l'universalité, l'absolu tant recherché. La Beauté de la Poésie réside en cet élément : machine humaine et seulement humaine.

Etre poète c'est donc la capacité à trouver l'absolu en sa propre pensée, son propre corps....

La sensibilité nous est strictement réservée. Sans une liberté absolue la poésie n'a plus de raison d'être. Une liberté particulière, la liberté du je. Les règles de la Poésie ne sont pas à rejeter c'est à chacun de les voir comme une voie possible, déjà tracée.

L'art poétique c'est donc ça être libre face à soi et l'extérieur, seulement, nous sommes humains peut être trop humain.

L'éternel est là au fond de la Poésie et rien ne l'en délogera, jamais.

Thomas. Debris

Mort des Sentiments (Editorial n°2)

Dans une société où rien ne vit la poésie n’a plus sa place. Devant une désacralisation de la mort que faire. Tout s’en va dans une béante indifférence. Les sentiments n’ont alors plus d’importance tout semblant éternel. L’éphémère n’est plus de mise en tout cas en nous. Les objets nous accompagnant sont jetables ; nos sentiments ne valent plus rien. Créer une poésie jetable ? Non !
Ecrire de la poésie en sois aujourd’hui, c’est souffler sur la crasse des habitudes, que découvrir ? Une peur de la mort, un nouveau mal du siècle ou chose plus improbable l’amour. Je ne sais pas. J’ai peur. Jours et Nuits alors tout s’enchaîne sans en voir le bout. Partout le même refrain. La vie alors toujours revient. Le corps renaît. Les sentiments se ravivent. La poésie se relève. Le caractère de tout çà alors flamboie, la mort revit et prend son sens. De l’éphémère sortira la Beauté absolue de la mort, du souvenir et des sentiments.
La poésie va capter la brièveté de l’instant, le sentiment d’où un rejet du travail et la première incompréhension.
Retrouvons nos sentiments, redonnons une valeur à nos souvenirs, l’avenir. Rêvons. La Poésie alors dans sa grande majesté repoussera.
Thomas Debris

Poésie fanée... (Editorial n°1)

La poésie doit être une, tout oublier. La raison doit s’en aller, laisser les sentiments, ne plus avoir qu’un corps en phase avec ce monde plein de rumeurs et le papier ; oublier le sommeil se jeter dans cette entreprise d’un grand éphémère ! Lâcher les souvenirs, ne faire plus qu’un avec les couleurs du corps. Poésie, l’une des capacités les plus noble de l’homme dans son individualité égoïste, absolue et l’envie d’unifier matière et univers.

Comment écrire plongé en soi même tout en prenant le monde, ses amours et envies. Aventure contradictoire qu’est la poésie ; je n’en suis pas sûr. Je ne dis pas avoir raison celle-ci m’ayant quitté. Tout ça n’a plus de sens, juste ce que l’homme ressent au fond de lui. Que je serais heureux si l’alchimie de notre écriture pouvait vivre en une pierre, un rayon de soleil. Ils verraient autre chose qu’eux même et nous l’existence, d’un autre Lieu.

Ce qu’est la poésie ; une machine affreuse et parfaite !

Thomas Debris