dimanche 24 octobre 2010

Le Wagon

Mais quel détour pour une infime personnalité ?
attristée par les louanges grandioses des plus que fiancées.
Toi tu le vois le singe des mers !
A la prise du dernier métro,
tu traines des pieds pour attendre le suivant.
La rue t'attires autant que moi...
Pleine d'envies, de rires et de joies.
Allongées, face à moi,
au sol ou sur les sièges bleus de ma ligne.
Les cheveux coupés court,
faussement perdues mais sans doute heureuse.
Trois accords suffisent pour te décrire.
Le Sol pour les expériences et celles que tu désires,
le La pour tes yeux limpides et ton air franc,
le Mi final pour le panache et le mystère.

Arthur Levassor

samedi 2 octobre 2010

Ces Multiples Visages

Ces cheveux couleurs de roc,
animés dans la nuque
par un irrégulier tic-toc,
me reflétaient un duc.

Sa constellation sous les yeux,
englobée par les pommettes,
synonyme d'un ancien feu
à la fois glauque et champêtre.

Ces nuages bien précis,
enrobés par deux sombres marquages,
cachaient l'intellect de vie
des expériences sans ages.

Elle s'amuse au jeu de l'amour et de la vie,
Sans doute dans l'attente d'un quelconque salvateur.
Racolée, dans l'ivresse, à l'arraché des moeurs,
elle marche, transparente, et bientôt elle se meurt.

Voix lactée pulpée de sang,
sa cloche attrape la foudre.

Arthur Levassor

mardi 14 septembre 2010

L'or de mon ménage

Les joies pures passées
aux éphémères grises hivernales.
Pas de baroques, pas de toc,
des bilboquets hasardeux
dans les douces lunes de cristal.

Des plus parisiennes,
au début du mois infâme,
sur des trottoirs hermétiques
et des chaussures fines sans flammes.

De ces yeux noisettes
à ces collants noirs,
couverts de cheveux raides
et brodés d'un sourire.
Une amitié spontanée
comme un rire couleur saphir.

L'anniversaire inespéré
pour un gosse immature.

Arthur Levassor

lundi 23 août 2010

Douce Mélopée

Louise. B.

I.


Comment te décrire cette contrée ? Là où les peupliers sombrent ; s’enfuient, je ne peux rien, rien te dire. Fin royale tu me dis. A quoi bon hein ? Le même message, la même phrase, machine affreuse et parfaite ! Nom que désormais j’entrevois.

Du bleu, du beau bleu. Ce vase rond, d’un autre siècle est ici. Il s’étend tranquillement. Sans douleur, il est là, ne bouge plus. Tu me manques. Hermine, Toi à son bras vous êtes là, continuez. Un sentier granuleux, gris. Au bord, des arbres : saules. Chant, cantiques, bien triste non ? Bien fade non ? Une belle momie, des traits simples, tirés. Ma faute ? Non, oh non ! A toi désormais, source, fleuve.


Source belle d’effroi que jamais tu ne vis

Au loin tu t’étends et soupires.

Mais pourquoi ?

Oh non comment aurais-je pu ?

Tout est sensible et ici

Au fond d’un pourpre souvenir

C’est ton nom que je crie


Tout est beau sur la terre ? Faute, faute ? Mais à qui. Ici tu t’étendais, sentais le sable sur ta peau crisser. Dans cette affaire. Non, non ! Fou de toi, fou de toi. Tout est beau sur la terre ? L’univers, paisible, hurle, n’en peut plus. Mais, mais. Je te vois. Là, ici, partout. Tu tournes, t’enroules. Le ciel ? Une cime ! Foudre ? Crie, oh ! Crie ma douce. Jaloux ? Le temps, triste pêché. Fade ! Fade !


Sur ce poteau un jour tu soupiras, la route parée, on te retrouva. Revenir ? Revenir je ne sais. Bloqué ? Peut être, sûrement. Figure blonde, déesse d’une autre vie, d’un autre lieu. Peu de temps il me reste. Ton visage je le vois, n’oublie pas. Par la fenêtre, l’amour tel un azur blanc arrive, s’enfuit et heureusement, je te dis ce bien beau mot.

Un sombre lieu, tout serré. Pris d’un vertige sans fin, je tourne. M’écroule. Là, étalé sur un sol gris je te revis. Une dernière fois. Je ne pu m’empêcher, je repensais, te revoyais.

Un visage doux. Une figure blonde. Allemande un jour je te dis ! Oh non !


Je vis, me meurs, me brûle et te revois. Le monde entier ? Toujours là, une foule compacte, brune. Des têtes s’entrechoquant, me presser contre toi ? Mais comment ? Je t’ai perdue ici ! Dans cette danse macabre je ne te vois. Si je partais sans me retourner ? Le regret simple naissant, sourire ? Tu me fais bien rire, toi Hermine. Pour une nuit comment te dire. Vois-tu au loin. Un triste saule. Il s’étend, croupit dans ce fleuve larmoyant. Toi tu me dis vis. Royale, oh royale !


II


Etrange et délicat souvenir, je vous ai surpris. Marchant sur un petit sentier, pentu. Le vent frottait mon visage, collait ce noir à mon front, tristement, bien tristement. Au bord une belle falaise blanche. Au fond un azur de neige crissant éperdument. Quelle erreur, conscience meurtrie j’attendais. Sans espoir j’étais seul !


L’envie de cette belle place

Ote tout espoir.

Unique désir,

Injective sans fin !

Seulement ma chère

Enfin je vous revois


Je l’ai pris. Il était là. Le portant un long moment. Effort difficile. Il tomba, se fracassa. Eclatant, explosant, étincelle d’une vie. Ayant tout perdu, désormais piégé dans un brouillard épais, compact, que dire ? Ne voyant rien. Les mille couleurs s’en furent.


Il se promenait tranquillement, partout il observait. Dans cette ville il pensait, repensait. Avait-il bien fait ? Un décor gris, de biens tristes bâtisses. Voilé derrière ce souvenir il pleurait. Effleurant chaque moment, piqué à vif il souffrait. Avait-il bien fait ? Le regret naissant, germe chimérique lacérant son propre corps.

Comment vous conter son histoire ? C’est qu’il aimait. Ne sentant plus rien, ses organes pourris il avançait ici. Sur ce mur il vit son Nom. Tiens-toi droit ! Relève ton être !

C’est que contre toute attente il courut. Dès lors plus personne ne le revit, abruti, sombre abruti… Avait-il bien fait ?


III


Rêverie infini, devant tant de vulgarité que dire, que faire ? Tu le sais bien toi.

J’ai peur, tout ceci passant, se mêlant dans ce triste pourpre. Ce bel azur de neige naissant, pleurant. Mille couleurs, flamboyant de toute part. Bleu d’une triste terre, vert d’un avenir où tout semble aller bien.


Emprisonné sur la terre

Je te dis à toi

Aimes moi

Un jour c’est sur, on oubliera cette belle mer


Ne sachant plus trop, réclamant cette triste vertu je te crie aime moi !


IV


Cette femme se promenait là, tranquillement dans cet azur de neige blanche. Elle avançait. Ici, un étang, mignon. Une onde limpide, claire et brumeuse en surgissait. Regarde c’est ton reflet que tu y verras. Ne sois pas triste. Un visage blond, deux petits yeux mouvants. Que te dire après tout ? Je t’aime ?

Tes cheveux flottaient, le vent te frottait profondément. Piqué par une triste mélancolie bois l’eau, toute l’eau. Ne cherche pas, ne réfléchis pas, non oh non. Affable destin d’une autre vie quitte tout ça, n’y pense pas, je t’en conjure.


Il suffit de quelques secondes, le vieux poète s’effondra. On le transporta dans sa chambre. Là il mourut. Que dire ? Sa mort fut saluée.

C’était sur une longue plage, au bord de majestueuses falaises. Elles s’érodaient depuis tant de temps. Tout avait changé depuis sa première venue. Seul le ciel restait bleu, un bel azur de neige bleu.

Le souvenir resplendit jusqu’au dernier instant, jusqu’au dernier moment. Les galets immuables restaient. Gris, ronds ils rappelaient cette joyeuse enfance. Chaque hiver une promenade, un passage nouveau, une peur nouvelle. Jamais vous ne serez oublié, oh non jamais. Les marches étaient longues et difficiles, âpres en un mot.

La peur surgit ! La mer resplendissait. D’un gris bleu rien n’apparaissait. Défiguré par l’ombre solaire elle vieillissait, se ridait tout au long de la journée, recouvrant de voiles sombres chaque rêve. Les étreintes auraient ici été possibles.

Les morsures du temps te feront changer. Prend les, mêle-les. Rêve aux étoiles douce amie, c’est ton visage que j’y vis.

Thomas Debris

samedi 14 août 2010

05h00

Une discussion entrecoupée,

deux mots mêlés puis différés,

une lumière verte à l'horizon,

éclat de joie sans aucun sons.


Rien ne semble nous appartenir,

même les nuages tombant en cire.

Le poète pleure quelques mots

mais sa main seul en lui est frêle.


Les étoiles éclatent en sanglots

Lorsque le jour monte à l'échelle

Le crépuscule perd le concours.


Car si l'aube me promet la vie,

Je lui offre un baiser sincère nu d'euphorie

qu'elle chérira comme le jour.


Arthur Levassor


samedi 31 juillet 2010

Grande Ligne 8903

C'est sur le chemin de Nantes que l'on passait devant ces murs de brique et de broc. Tôt, lorsque le soleil regardait en oblique la cime des saules pleureurs, on apercevait parfois des animaux jaillir des totems touffus d'émeraudes. Puis soudain après le silence vert, le voyageur retrouvait anxieusement le bruit gris des citadelles à moitié abandonnée.Le désert vert rattrapait les densités urbaines avec facilité, l'affaire de quelques années finalement. Pendant que les incompris dessinaient des carottes sur les murs, j'étais réduit à attendre une salvatrice douteuse sur les coups de 9h. Plus grand chose ne s'animaient, parfois des regards, des sourires plus rarement, une taille entourée d'une jupe haute et un parfum oublié par un autre...


Arthur Levassor

mercredi 7 juillet 2010

obsession

Te souviens-tu de la rosée fleurissante ? Te souviens-tu de la triste mélancolie ? De ta chevelure noire je m’enfuis, me fuis. Et bien oui.

Les secondes défilent, rebondissent, tant de temps. Ce soleil caressait une belle mer, un léger mouvement la secouant, tu t’y frottais, tu y plongeais. Ce rire au fond perlait. Mais que dire ? Cercle vermeil à ton cou, je ne peux plus. Te raconter cette chanson, là où la musique pleure, là où la musique rit.

Qu’avons-nous fait ? Tout simplement, rien, rien !

Ils étaient là, au nombre de trois, immobiles, leur regard se fixait vers cet azur de neige. Des arbres autour d’eux. Ils frissonnaient, déployaient leur majestueuse sphère. La terre retournée. Là où tout s’enfonce, méandre continu, souvenir il se nomme. Sa couleur ? A chaque instant elle change, à chaque instant elle renaît. L’océan au loin criait, vermeil, vermeil ! L’orangé de chaque histoire se pointait. Hermine un homme à son bras se promenait, elle souriait. Au dessus, tout proche un regard de pierre l’observait, la contemplait. Une larme y perlait, y coulait. Le geste droit, le verbe doux, la lente clameur. Les cheveux recouverts d’une simple perruque, le collerait droit, l’habit sec. Il parlait sous les moqueries, une vertu dans l’âme et le cœur, il ne savait trop quoi faire. Sa mémoire ? Elle s’enroulait, se piégeait malheureusement dans la terre, oh oui malheureusement. Son nom ? Oublié, mais quel regard ! Quelle âme ! De l’audace il te manqua, de la clémence il te manqua. Crie, crie ! Dis à Hermine, tu l’aimes. Tu veux frotter tes pas sur le sol, tu veux fredonner, tu veux lâcher toute ta beauté, tout oublier. Dans le mouvement tu crisses. Le sable tu le connais trop. Une fleur à ton cou je t’oublie, c’est une jacinthe, une belle jacinthe.

Une belle vision de l’oubli, je t’y perds. Te reverrai-je ? Te souviens-tu ? J’imagine au fond que non, je n’étais pas tien. Dans l’azur de neige je repars, là où tout rebondit, là où chaque divertissement se retrouve. Adieu, n’ayant plus rien je ferme mes yeux , tes yeux.

Thomas Debris